22 septembre 2010

CHAPITRE I

LE RATIONNEL ET LE RAISONNABLE

Introduction : Pourquoi tenir aux exigences du rationnel et du raisonnable ?

   La raison est la faculté de connaître le réel d’où l’on peut construire un savoir, c'est-à-dire viser la vérité. On parle d’aspect théorique.
   Le raisonnable se caractérise par la mise en pratique de la raison. On peut alors évaluer la vérité.
   La raison théorique, est quant à elle, la faculté d’évaluer des actions.
Cependant, la raison pratique n’intervient pas dans le comportement naturel. Mais il est possible de greffer une raison pratique à un comportement naturel.

   L’automatisme n’a pas de raisonnement pratique !

   Dans les autres cas, le raisonnement pratique intervient qu’il soit élaboré ou non dans le champ de l’acte et du comportement.

Les deux aspects sont pourtant compatibles. Cette distinction sera travaillée et raisonnée.

Il existe aussi des menaces antirationalistes comme celles véhiculées par les médias (Secret-Story …) et dans lesquelles est pratiqué un éloge à la connerie. On peut également citer l’antirationalisme philosophique (accouplement de la littérature et de la philosophie…).

ORGANISATION DU COURS

1.   L’importance de cette exigence du rationnel et du raisonnable.
La représentation du sujet (occidental) est structurée par l’héritage des Lumières.
« Le sujet pensant est un sujet rationnel. »
+ Les problèmes que pose cette conception du sujet.

2.   La manière dont se sont développé le projet rationaliste et les excès.
Comment l’antirationalisme s’est élaboré à partir de ses excès.

3.   Focalisation sur la rationalité scientifique et dans lequel nous verrons la manière dont la science traite de l’articulation du rationnel et du raisonnable.

4.   La dimension raisonnable, la raison pratique/morale.

5.   Les questions politiquent : comment peut-on introduire la rationalité dans les champs scientifiques. (Interrogation sur les Utopies : gouvernement par la raison).

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Chapitre 1er : Face à la raison : bêtise, folie, déraison.

1.   Qu’est-ce que la bêtise ?

La bêtise est une notion à problème.

   Critique du langage : Définir les mots employés et clarifier le sens de ce que l’on dit. Il faut faire des distinctions fines entre les mots et de la même manière nous regardons comment fonctionnent les contraires. C’est une façon de resserrer l’approche de la raison.

   Analyser le concept :

« Si la bêtise ne ressembler pas, à s’y méprendre, au progrès, au talent, à l’espoir ou au perfectionnement, personne ne voudraient être bête. »
Robert Musil.1937, Conférence de la bêtise.

On retrouve une confusion entre le véritable savoir et la bêtise. Musil dit que nos choix et notre propre positionnement sont confondus par la bêtise et sa ressemblance au talent. On peut faire des choses qui peuvent sembler valable mais qui ne sont que de la bêtise.

(Mickael Vendetta est un modèle social qui a réussi sans rien faire …)

La bêtise ne serait pas le fait de se croire intelligent. Ce genre d’attitude est une attitude morale, c’est un vice classique (vanité et prétention).

On peut donc faire une distinction entre deux types de bêtise :

•   La bêtise au sens intellectuel : faiblesse d’esprit, une incapacité mentale. Elle est compatible avec des valeurs humaines. Lennie (des souris et des hommes) est innocent, généreux et honnête bien qu’un peu attardé. La bêtise intellectuelle est compatible avec des valeurs morales

•   La bêtise morale : renoncer au rationnel et au raisonnable de manière souhaitée. Ils peuvent se comporter de manière déraisonnable car ça les arrangent. C’est ce genre de bêtises qui pose les plus gros problèmes.

Il y une notion positive à la bêtise : dire des bêtises et faire le bête dans le fait de faire des bêtises dans le comique. On y retrouve une notion artistique et créative. Pourtant à quand mettre une limite à la bêtise morale et comique ?
Comment mettre un frein pour ne pas céder à l’immoralité et l’hilarité collective sur une blague antisémite, raciste ?
C’est un souci dans la démocratie, ou placer la limite. Les individus peuvent être capable de placer une limite, mais pas tous.
2.   La raison et l’irrationnel : transparence et opacité.
A.   Le désir de transparence du sujet.

Aujourd’hui l’image du sujet n’est pas la même que celle en antiquité par exemple.

Le sujet est un héritage des lumières et leurs ambitions était déclarer le bas peuple et tout les mystères de l’être humain. On souhaite apporter un éclairage sur l’univers caché et obscure en utilisant uniquement un savoir scientifique. Les objets privilégiés des lumières, sur lesquels on tente de constituer un savoir, sont tout d’abord la matière (par définition ce qui est épais).
On retrouve un mystère dans la matière en tentant de la rendre transparente. On retrouve aussi le désir de transparence par l’intériorité du corps humain (âme, organes …).

Au XVIII° est le siècle de l’essor des sciences physiques qui tentent de développer cette transparence recherchée. Ce qui caractérise la science moderne est l’application des mathématiques à la matière.

Comment faire pour appliquer la mathématique à un objet matériel ? La mesure.
Le premier instrument des sciences physique est la mesure. Le premier mathématiciens et philosophe à utiliser cet outil est Descartes.

Il a crée le système des coordonnées en géométrie. (Axe abscisses, ordonnées). Descartes avait une conception de la matière comme étendue (surface plane) et c’est ceci qui a déterminé la façon de faire des sciences physique.

La façon dont la science pense la matière ne passe pas de soi. On retrouve un choix de considérer la matière comme une étendue et de cette manière on supprime le problème de la profondeur et on rend possible la connaissance de la matière et la profondeur devient une projection virtuelle qui n’empêche pas de travailler la matière (devenue plan). On va commencer à travailler sur de la 2Dimensions.

On peut appliquer cette efficacité en sciences géométrique et technologique avec la conception cartésienne de la matière. Ceci influence la conception de la matière : nous avons l’habitude de nous représenter les choses dans un espace limité.

Nous ne nous imaginons pas vivre dans une spirale.

On s’habitue à voir la matière en 2D et en profondeur. Cette interprétation conditionne notre propre imagination de la matière.

Toutefois cette conception à un prix, on renonce à l’épaisseur de la matière.
Il ne faut pas se dire qu’il n’existe qu’une théorie sur la matière. On peut très bien avoir une autre conception de la matière et donc une autre science physique avec d’autres lois et qui est tout aussi juste.

La géométrie contemporaine sur d’autres conceptions : géométrie de Gauss qui considère la matière sur une spirale en mouvement. Dans cette géométrie, les droites parallèles peuvent se couper.

Il n’y a pas qu’une seule façon d’étudier la physique.

Cette manière qu’avait Descartes de considérer la matière s’est transposée avec la recherche de la connaissance de l’âme. Les sciences humaines se calquent sur les sciences de la nature. A l’époque des lumières, on cherche à rendre l’âme transparente à elle-même. C’est plus simple avec la matière extérieure. Pour ceci on essais d’appliquer les liens de Descartes sur de l’immatériel.

Comment faire pour adapter une conception de la matière pour quelque chose qui n’est pas réel ?

Un des gros problèmes avec l’âme et de lui donner une définition. Nous ne savons pas ce qu’est l’âme. C’est une dimension intérieure de l’être humain qui anime l’Être.

L’Âme : Principe d’animation de l’être humain et de la matière.

Il va falloir trouver une autre manière pour rendre transparente l’âme. Dans le cas de la SPH, le sujet connaissant est l’être humain qui est différent de l’objet de connaissance, la matière.
Lorsqu’il va s’agir de connaitre l’âme, on ne retrouve plus cette différence. Il ne s’agit que d’une seule entité. On retrouve alors un principe d’avantage de la proximité.
La connaissance de notre âme peut-être erronée, l’âme et le sujet ne font qu’un donc il y a un risque d’objectivité. On retrouve un préjugé. Et il y a encore un autre problème : l’âme est immatérielle.

On dit que l’Âme fait partie des sujets Métaphysique.

Dieu est également un objet Métaphysique, on cherche à prouver scientifiquement l’existence de Dieu.

Il fut un temps que la religion et la philosophie avait une constitution rapprochée.

Il existe des champs et des domaines de la philosophie :
   La Métaphysique (Univers, Dieu, Âme).
   Politique (vivre ensemble).
   Esthétique (art, beau, perception).
   Éthique (moral) (Action, bien, mal).
   Socio-économique (Gestion et répartition des ressources).
   Domaine juridique (questions de droit).
   Épistémologique (connaissance, savoir, vérité).
   Logique (langage).
   Psychologie (façon d’appréhender l’âme, le sujet, conscience).

Cette conception réductrice se caractérise par la possibilité qu’elle donne de donner une conception du sujet parce qu’on vise une connaissance de soi. La spécificité de cette démarche est qu’elle veut penser la connaissance de toi sur le domaine scientifique, on aurait la même rigueur la connaissance de soi et la connaissance de la nature.
Ce désir de transparence va modifier les concepts utilisés pour décrire l’intériorité.
Au XVII° et avant l’intériorité devient l’âme. On impose alors un nouveau terme en provenance des lumières (Descartes) : le concept de conscience.

B.   La conscience.

La conscience a plusieurs significations :

-   Subconscient et inconscient : terme technique de la psychanalyse.
-   Avoir la conscience tranquille, avoir bonne conscience, consciencieusement, je suis inconscient. Sens moral.
-   Prendre conscience de … Avoir conscience de … Rapport avec l’esprit, psychologique.
/ !\ Il est donc ici un sujet pluriel, dimension psychologique, morale et psychanalytique.

•   La conscience psychologique :

« Connais –toi toi-même »

Ce que l’on appelle le fait d’être conscient et tout simplement le fait d’être présent à la réalité. C’est surtout le fait de diriger notre attention sur un objet et sur la réalité. Pour prendre conscience d’un objet, il faut porter de l’attention à l’objet. L’attention conditionne notre conscience de tel ou tel objet, c'est-à-dire que l’on est conscient d’un champ limité et variable (on ne fait pas attention à toute les choses autour de nous ou plus loin). On est en grande partie conscient de soi-même et ceci pose problème. Le sujet peut-être conscient de lui-même.

On peut parler d’une expérience universelle : la première heure de la journée permet de prendre en considération les types de conscience, il y en a trois :

-   Le stade du réveille-matin : Le réveil sonne et là nous pratiquons toute une série d’actions machinales. Nous réalisons des tâches de nature habituelle. C’est le niveau de la conscience-attention. C’est un stade minimal de la conscience, un état de veille.

-   Le stade de la paire de chaussettes : La pensée s’organise. ‘’Trouver deux chaussettes des mêmes couleurs’’ et il faut organiser la conscience. C’est un pilotage organisé de l’activité et on devient capable de faire des activités hautement élaborées. C’est le niveau de la conscience-pensée.

-   Le stade du miroir : C’est le moment dans lequel on prend conscience de soi-même. On arrive à la conscience de soi. ‘’Ouah, la tête que j’ai.’’ C’est un dialogue intérieur et une auto-observation et la capacité à se reconnaitre et se souvenir de qui on est.

Socrate dit, en passant devant le temple de Delphes voit un oracle (de la Pitti) « Connais-toi toi-même »
Quand Socrate rappel l’existence de cet oracle, il souligne la sagesse et également le paradoxe qu’il constitue. En effet, il n’y a pas de connaissance plus essentielle que la connaissance de soi. C’est le fait de reconnaitre que pour bien juger, il faut avoir un rapport juste à soi-même.

Ce bon jugement de soi permet de bien juger des situations et les autres. La connaissance de soi est une condition de la sagesse. L’aspect contradictoire est tel que la connaissance de soi et que le sujet ce prend pour objet.

Sujet -> Objet
Mais les deux ne font qu’un.

Il y a une difficulté épistémologique et méthodologique. La connaissance de soi va-t-il avoir la même validité que la connaissance des objets extérieurs.

Dilthey
Philosophe qui est parti de cette double difficulté pour distinguer les sciences de la nature et ce qu’il appelle les sciences de l’esprit et notamment la psychologie.

Ce qui devient difficile c’est d’évaluer la qualification de science de l’esprit. Pour assister, Dilthey propose de garder cette science l’esprit mais elle n’a pas la même ambition que les sciences de la nature, pas le même objectif.

Expliquer/Comprendre
Sciences de la nature/Sciences de l’esprit

Les sciences naturelles portent sur la volonté d’expliquer de manière causale.
Les sciences de l’esprit ont pour objectif de comprendre leurs objets. C'est-à-dire proposer une signification et donner du sens. Cette distinction entre expliquer et comprendre permet de différencier la connaissance scientifique et la connaissance de soi. La connaissance de soi devient la compréhension de soi-même et donc ce type de connaissance ne peut pas être réalisé par n’importe quel sujet, il faut avoir la capacité la connaissance sur soi. C’est quelque chose de spéculatif.

Posté par TLAlexandreRibot à 21:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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